Georges Rousse
Georges Rousse est un artiste contemporain qualifié de peintre photographe.
Il commence par travailler comme photographe dans un laboratoire. C’est lors de reportage sur la figuration libre qu’il entame ses mélanges de pratiques picturale et photographique. Il travaille d’abord la peinture, puis en garde une trace photographique. Dans les années 1980 il débute ses travaux dans des lieux destinés à être abandonnés. C’est ainsi que peu de temps après, il s’intéresse à l’espace des lieux à investir et à la disposition de ses projets. Le point de vue adopté est donné par son appareil photo. Ce sont donc ses travaux photographiques qui sont guise de finalité, les lieux n’offrant une empreinte picturale claire qu’à partir d’un certain point.
Georges Rousse n’est pas le seul artiste à traiter du point de vue et de la perspective. Qu’est ce qui différencient ses travaux des autres artistes qui travaillent comme lui sur le point de vue ? Quel est le but de ses travaux ?
A qui peut-on le comparer ? Quelles techniques utilise-t-il ? Nous verrons aussi la spécifié et la diversité des lieux sur lesquels il travaille, ainsi que la finalité de ses travaux.
Georges Rousse est donc un artiste qui travaille sur le point de vu. Il n’est pas le seul cependant à manifester ce genre d’œuvres. Bernard Pras, Bernard Voita... sont d’autres artistes qui ont la même vocation.
Qu’est-ce qui différencient Felice Varini et Georges Rousse ? Quel est le but des œuvres de ce dernier ? Quelle est la particularité de son travail ?
Georges Rousse s’inspire du lieu même dans lequel il travaille. Il prend en compte les lignes, la structure de l’espace, puis agit dessus en s’appuyant sur la place de la lumière mais aussi du pays ou de la ville dans le quel il a été emmené à travailler.
Ces lieux sont principalement voués à être détruits ou du moins sont en ruine. D’après Georges Rousse, les caractéristiques de ces lieux sont intéressantes pour les photographes ; raison pour laquelle il a commencé par capturer des images des lieux en ruine. Ce n’est qu’après qu’il décide d’agir avec la peinture sur eux. Suite à cette idée, il a intégré des personnages fictifs dans les bâtiments pour qu’ils paraissent moins vides.
Il poursuit ses interventions dans des lieux abandonnés, mais ne peint plus de portraits. Il poursuit ses transformations avec des architectures virtuelles. Il utilise ensuite, pour la plupart de ses travaux, de simples formes géométriques (dont il met souvent en avant le cercle) et utilise beaucoup les couleurs ou les contrastes (noir & blanc). Il a déjà fait intervenir des miroirs, creuse parfois les murs, construit et déconstruit les lieux... Il utilise parfois les mots de ses carnets de notes qu’il intègre dans les bâtiments.
Nous avons vu d’après toutes ces œuvres que les lieux ont une grande diversité.
Georges Rousse a des demandes dans beaucoup de pays. Il a le plus travaillé en France, mais aussi aux Etats-Unis à New York, au Japon, au Maroc, en
Allemagne... il est intervenu dans plusieurs pays, toujours dans des bâtiments abandonnés ou en ruines. Ceux-ci varient entre abattoirs, hôpitaux, hangars désaffectés... et même dans
des châteaux. Tous sont voués à la démolition.
Il lui suffit d’y inscrire son appareil photographique, de saisir le
lieu avec son objectif, et il commence ses transformations. Comment s’y prend il pour modifier ainsi le lieu, à en troubler l’observateur ou spectateur de ses
oeuvres ?
Georges Rousse n’a besoin que de peu de matériaux et d’outils. Il
possède un appareil photographique posé sur un pied. Il place devant son objectif un verre dépoli. Il y dessine la forme qu’il veut représenter dans l’espace. Il peut alors reporter la
forme qu’il voit à travers son objectif dans l’espace, ceci à l’aide de petits points. Lorsque ceux-ci sont alignés avec la forme dans son appareil photo, il les relie. Ensuite, au fur
et à mesure qu’il peint, la forme se définit.
Une fois l’appareil placé, il n’est plus bougé. Georges Rousse choisit son placement en tenant compte de
la présence de la lumière et de son impact sur le lieu. De même, il fait attention à l’architecture présente. Enfin, il imagine la transformation qu’il va pouvoir mettre en œuvre, dessine sur le verre dépoli, et entame sa modification.
Parfois, il commence par construire des espaces (comme sur la photo
ci-dessus, faite à Lyon en 1997) avant d’intervenir à la peinture. Il utilise le plus souvent des formes circulaires.
Une fois la forme donnée, il utilise les couleurs. Le blanc, à la craie, vient marqué ce que le noir a
« supprimé ». Il lui arrive parfois d’utiliser seulement le rouge. Lorsqu’il utilise ces couleurs seules, c’est qu’il souhaite mettre en valeur ou cacher une partie du lieu.
S’il assemble des couleurs, elles sont uniquement primaires. Il utilise
les couleurs comme un symbole de la lumière.
Hormis ses premiers travaux dans lesquels il intégrait
la figuration, ses œuvres reposent essentiellement sur la perspective, grâce aux ouvertures dans les murs conservées, et sur l’anamorphose.
Les formes ainsi réalisées n’existent que par la photographie. Ces transformations (la
présence de nouvelles formes) ont alors pour but de casser les
marques de l’espace même. Elles troublent ainsi les observateurs
de ses œuvres, en annulant les perspectives réelles de
l’espace.
Le travail de préparation des œuvres de Georges Rousse donne
naissance à des carnets de croquis et de notes. Ces dernières sont parfois utilisées par l’artiste dans le lieu même à investir, ce qui permet de lier l’écriture à l’anamorphose.
Après avoir comparer Georges Rousse à d’autres artistes traitant du point de vu, après avoir parler des lieux sur lesquels il travaille, et de la technique qu’il utilise, nous allons pouvoir nous consacrer au but de ses travaux in situ.
Ses travaux à la peinture (ou à la craie) restent où ils sont, jusqu’à la démolition du bâtiment. Seules les photographies ont valeur d’œuvre. Mais pour Georges Rousse, l’œuvre « est une rencontre avec un lieu avant d’être une opération photographique ». Ceci explique l’importance qu’il porte au pays et à la ville dans laquelle il travaille, ainsi qu’à l’architecture du lieu avant qu’il intervienne dessus. Nous pouvons donc qualifier ses œuvres comme travail de mémoire du lieu sur lequel l’artiste s’est investi avant sa déconstruction.
Nous pouvons dire de ce travail de mémoire qu’il se distingue des autres artistes (comme ceux nommés ci-dessus) qui traitent du point de vue. Bernard Pras traite avant tout de la représentation ; Bernard Voita de la profondeur mais utilise, comme Bernard Pras, des objets ; Georges Rousse n’en utilise pas. Enfin, l’opposition entre Felice Varini et Georges Rousse se fait principalement sur le lieu. Les deux artistes utilisent la photographie comme outil de mémoire. Cependant, les travaux de Felice Varini et ceux de Georges Rousse sont détruites et visibles par des moyens différents.
N ous pouvons conclure que le résultat du travail de Georges Rousse n’est visible que sur des photographies exposées dans divers musées dans le monde. Ses œuvres traitent bien d’un travail de mémoire des lieux tout d’abord, mais aussi de son intervention dans ceux-ci.
E nfin, on peut remarquer que plus le temps passe, plus ses travaux se compliquent. Les plus récents (pour la plupart), nous montrent ce qu’il nomme « construction spatiale ». Il intervient sur la moitié de l’espace du lieu représenté par la photographie. Il aménage cet espace, installe une forme, le peint et trompe l’œil : est ce le même lieu ?



